A la découverte de Marion Costentin

     La France regorge de talents, et si vous n’y croyez pas, attardez-vous donc sur le travail de Marion Costentin !

      Née en 1988, Marion Costentin est une jeune artiste française qui expose depuis 2011. Ayant été un an aux Beaux-Arts de Rennes sans s’y sentir vraiment à sa place, c’est finalement à Paris qu’elle s’est pleinement épanouie. A côté d’une pratique photographique, Marion Costentin réalise beaucoup de dessins au fusain ou à l’encre de chine, la plupart étant en noir et blanc.

     Ses œuvres ont bien souvent une atmosphère assez sombre, parfois même effrayante. Traitant particulièrement les thématiques du surnaturel, du magique et de l’onirique en ayant généralement pour sujet la figure féminine et la nature, le travail de Marion Costentin nous apparait à la fois comme obscur et à fleur de peau, inquiétant et empreint d’une grande sensibilité.

[ Pour en voir plus, allez sur son site dont sont tirées les dessins illustrant l’article: http://marioncostentin.com/ ]

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A la découverte de Daniel Mackie

       Pour cette nouvelle édition de « A la découverte de », je me penche sur le cas de Daniel Mackie, un illustrateur travaillant actuellement principalement à l’aquarelle.

       Daniel Mackie s’est lancé en tant qu’illustrateur vers le milieu des années 90. Toutefois, il a opéré un important changement dans son processus créatif aux alentours de l’année 2010, au moment où il a décidé d’abandonner le travail sur PhotoShop (qu’il pratiquait depuis plus de 10 ans) pour se tourner vers l’aquarelle et le crayon. Cette technique est difficile et ne pardonne pas l’erreur, l’aquarelle ayant la particularité de sécher très vite. Pour cette raison, Daniel Mackie réalise systématiquement des esquisses préparatoires avant de commencer sa véritable œuvre à l’aquarelle. Cet artiste a des inspirations assez diverses, comptant parmi elles Henri Matisse ou encore l’art des estampes japonaises (il cite notamment Hiroshige et Hokusai).

      Les œuvres que je vous présente dans cet article appartiennent à une même série, réalisée pour The DM Collection, et ayant pour thème les animaux dans leur milieu naturel. Ce qui fait l’originalité de ces aquarelles, c’est le fait que Daniel Mackie ait inversé l’ordre naturel des choses et ait peint l’environnement extérieur des animaux à l’intérieur de leur corps. Le tout avec de magnifiques couleurs et un grand soin accordé aux détails, ces derniers étant impressionnants par leur richesse et leur nombre.

 

[ Pour voir plus d’oeuvres de cette série, allez sur le site http://www.thedmcollection.com/ dont sont tirées les reproductions présentes dans cet article ]

Qui a dit que la peinture était morte ?

       A une époque où le médium le plus travaillé par bon nombre d’artistes est la photographie, il est tentant de penser que les arts plastiques plus « manuels » tels que la peinture, le dessin ou encore l’aquarelle, sont en voie de disparition. Or rien n’est plus faux, c’est pourquoi j’ai choisi de vous présenter trois artistes contemporains travaillant ces médiums.

       Tout d’abord, honneur aux femmes, parlons de Tiffany Bozic, une artiste américaine que j’ai découvert récemment. Vivant à San Francisco en Californie, Tiffany Bozic travaille principalement à la peinture acrylique sur bois. Ses oeuvres sont généralement inspirées de la nature tout en ayant parfois des significations plus profondes, surnaturelles, métaphoriques et parfois même autobiographiques.

       Passons ensuite à un artiste masculin: Philippe Cognée. Ce dernier est un plasticien français qui a été lauréat de la Villa Médicis en 1990 et nommé au prix Marcel Duchamp en 2004. Philippe Cognée représente des objets et des vues du quotidien en ayant une prédilection pour l’architecture. Toutefois, ses œuvres sont loin d’être de simples représentations du réel, grâce à sa une technique particulière qui donne un caractère étrange et trouble à ce qu’il peint. En effet, d’abord il photographie ou filme ce qu’il veut représenter, avant de réaliser son œuvre (sur toile ou sur bois) grâce à une peinture à l’encaustique contenant de la cire d’abeille. Après avoir fait cela, cet artiste chauffe sa peinture afin de liquéfier la cire présente dans celle-ci et ainsi déformer ce qu’il a peint.

       Enfin, pour clôturer cet article, je voulais vous présenter Marcia Kure, une artiste originaire du Nigeria vivant actuellement aux USA. Cette plasticienne réalise principalement des aquarelles auxquelles elle intègre souvent de la détrempe à l’œuf. Elle réalise aussi des installations, des performances et travaille le tissu. Intéressée par la figure de la femme, les œuvres de Marcia Kure ouvrent bien souvent une réflexion sur son rôle dans la société tout en interrogeant de manière récurrente la question du voile.

[ Les reproductions d’œuvres de Tiffany Bozic et de Marcia Kure proviennent de leurs sites: http://tiffanybozic.com/ et http://marciakure.com/ ]

Une belle découverte: Etienne Prat

         Il y a quelques semaines, alors que je me baladais en Normandie, je suis tombée par hasard sur une Abbaye, celle de Jumièges. A l’écart des ruines de celle-ci, au fond de son domaine, j’ai découvert une petite maison. La curiosité m’y obligeant, j’y suis entrée et j’y ai découvert une exposition magnifique: celle d’Etienne Prat, un peintre de paysage que je ne connaissais pas du tout.

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          Alors que j’ai vu plusieurs grandes expositions à succès cette année, c’est certainement celle de Prat, intitulée Présences et ayant lieu du 15 juin au 30 septembre 2012 (prolongation jusqu’au 28 octobre), qui m’aura le plus marquée. En effet, cette exposition ne se contente pas de montrer le travail d’un artiste, elle le met vraiment en scène en créant une atmosphère particulière, propre à l’univers du peintre et empreint de mysticisme, ce qui est assez fascinant. Ainsi, entrer dans cette maison donne véritablement l’impression de pénétrer dans un espace figé et abandonné, coupé du monde réel et du temps.

         D’autre part, en plus de ce travail scénographique époustouflant, les œuvres d’Etienne Prat en elles-même sont de grande qualité et plongent celui qui les regarde dans une autre dimension. Cet artiste semble attiré par les thèmes du temps, de la Nature, du souvenir, de la mort et de la vie et utilise souvent des couleurs naturelles telles que le vert, l’ocre, le brun, l’orangé ou encore du bleu.

        [ Les photographies présentes dans le diaporama sont de moi et les quelques tableaux d’Etienne Prat proviennent de son site: http://www.etienneprat.fr/ ]

Le Land Art

Cette année, j’ai fait la découverte d’une forme artistique qui m’a beaucoup plu : le Land Art. Ce courant artistique, appelé aussi Earthwork, consiste, comme son nom l’indique, à faire de l’Art à partir de la nature et dans la nature. Il s’est développé dans les années 1960-70, principalement aux États-Unis, mais on trouve des artistes qui se réclament de ce mouvement encore aujourd’hui et dans le monde entier.

On est alors en plein mouvement hippie (en 1969 a lieu Woodstock) et c’est l’époque du début de la préoccupation écologique. Il n’est donc pas surprenant qu’à ce moment naisse un courant artistique lié à la Nature. Mais le Land Art ne peut se réduire à une volonté de respect de la Nature. Déjà, il faut noter que derrière ce retour à la Nature se cache une volonté de retour à l’Homme (les années 60-70 aux U.S.A sont aussi celles de la sanglante Guerre du Vietnam qui traumatisa le monde entier).

De plus, créer une œuvre en extérieur cela signifie sortir de la galerie d’art et du musée et donc, par là même, du marché de l’Art. Il y a ici une forte volonté de la part de ces artistes de s’extraire du consumérisme de l’époque. C’est également dans ce but qu’ils font des œuvres qui sont bien souvent éphémères : afin que personne ne puisse les acheter. Il faut noter que le lieu de prédilection de ces artistes est le désert. Ainsi, ces plasticiens ne se contentent pas de sortir de la galerie, ils partent créer dans des endroits assez hostiles et difficiles d’accès. De ce fait, l’œuvre n’est plus simplement qu’un objet de consommation qui se donne à voir facilement, elle doit se mériter. L’œuvre devient un rendez-vous qu’il ne faut pas manquer.

Mais, puisque les œuvres du Land Art sont fréquemment éphémères, peu d’entre-elles existent encore aujourd’hui. Elles perdurent uniquement par le biais de photographies ou de films. Parmi les artistes du Land Art que je vous invite à découvrir se trouve les pionniers de ce courant artistique: Nancy Holt, Walter De Maria, Robert Smithson, Oppenheim mais aussi des artistes plus contemporains tels que Jim Denevan, Andy Goldsworthy ou encore Sylvain Meyer.