A la découverte de Eric Fan

     Après avoir consacré plusieurs « A la découverte de » à des photographes, je me tourne cette fois vers le domaine de l’illustration pour vous présenter un bien joli travail, celui d’Eric Fan.

     Eric Fan est un illustrateur canadien dont le travail est aujourd’hui décliné sur des vêtements, des mugs ou encore des coques de téléphone, mais cela n’empêche en rien de considérer ses illustrations comme de véritables œuvres d’art. Il dit avoir « une passion pour le fantaisiste et l’inattendu, un amour pour le vintage, les chapeaux haut-de-forme, la pop culture et les constructions surréalistes ». Et c’est bien tout cela que l’on retrouve dans ses illustrations mêlant figures humaines (généralement masculines), animaux en tous genres et machines anciennes. Tout cela dans un univers surréaliste et onirique dans lequel le ciel – la lune est d’ailleurs un motif récurrent – est souvent dépeint comme un lieu magique et mystérieux.

[ Retrouvez plus d’illustrations d’Eric Fan sur http://www.krop.com/opifan64/#/ ]

 

A la découverte de Alex & Felix

      En ce début d’avril, ce n’est pas un mais deux artistes que je me propose de vous faire découvrir: Alex Gertschen et Felix Meier qui forment le duo Alex & Felix.

      Alex & Felix sont deux photographes suisses qui travaillent ensemble depuis leur rencontre en 1996. Avant cela, Alex Gertschen avait étudié l’orfèvrerie et suivi des cours de photographie à l’école d’Art de Berne, tandis que Felix Meier avait étudié le design graphique à l’école de Lucerne et travaillé en tant qu’assistant de photographe.

      Ils ont commencé à créer des images ensemble peu après leur rencontre, sur une commande d’un magazine de mode. La mise en scène s’est tout de suite imposée à eux, et depuis ils font des photographies qu’ils construisent complètement, en commençant par le décor, minutieusement pensé et assemblé à l’aide d’objets plus ou moins excentriques – allant de la tasse que l’on peut utiliser quotidiennement à des accessoires de farce et attrape – , et en finissant par la direction d’acteurs, maquillés et costumés pour l’occasion. Leurs images sont bien souvent des portraits qui ont tous en commun une même atmosphère, à la fois chaleureuse et surréaliste, qui transpire la folie. Les couleurs, bien souvent vives, accentuent cela et confèrent, en plus, un certain onirisme aux photographies.

[ Les reproductions proviennent du site des artistes: http://www.alexandfelix.com/578782 ]

Quand Paris rend hommage à Brassaï

     Depuis quelques années, la ville de Paris a pour habitude de proposer des expositions d’artistes posant leur regard sur la Ville Lumière (ainsi, en 2011, il y avait notamment eu « Paris au temps des Impressionnistes »). C’est dans la continuité de cette politique culturelle ciblée, que l’Hôtel de Ville présente depuis le 8 novembre dernier une rétrospective consacrée aux photographies de Brassaï. Initialement prévue pour durer 4 mois, l’exposition a un tel succès qu’elle se voit finalement prolongée jusqu’au 29 mars, alors courez-y, d’autant plus qu’elle est totalement gratuite !

     Brassaï, de son son vrai nom Gyula Halász, est un artiste originaire de Transylvanie qui a passé une grande majorité de sa vie en France, à Paris. C’est d’ailleurs cela qui donne son nom à l’exposition de l’Hôtel de ville: « Brassaï: pour l’amour de Paris ».

C’est à 4 ans, alors qu’il rejoint son père en France pour un an, qu’il tombe amoureux de la capitale Française. Il gardera un beau souvenir de cette ville, et ce d’autant plus que son père en était également passionné. Après ce voyage, il retourne en Hongrie et grandit avec l’idée de devenir peintre. Il suit alors des cours à l’Académie des Beaux-Arts de Budapest, puis il part à Berlin au début des années 20 et y fréquente de talentueux artistes tels que Moholy-Nagy, Kandinsky ou encore Kokoschka.

En 1924, il s’installe à Paris – où il restera toute sa vie – et il y continue alors son activité de journaliste entamée en Allemagne. Rapidement, pour répondre à la demande des journaux, il sollicite des photographes afin d’illustrer ses écrits. Pendant ces années, Brassaï fréquente de nombreux artistes – nombre d’entre eux étant surréalistes – tels que Breton, Eluard, Dali ou encore Picasso, et vit beaucoup la nuit. Il aime flâner dans Paris et admirer ses paysages. En 1930, alors qu’il souhaite depuis quelques temps rendre compte de ses promenades nocturnes, la photographie s’impose à lui. Ainsi, il écrira même: « C’est pour saisir la nuit de Paris que je suis devenu photographe ». En 1932, il publie son premier livre photographique, Paris la Nuit, qui deviendra un livre mythique pour bons nombres de photographes.

A la suite de ce projet, Brassaï va continuer à photographier les rues de Paris la nuit. Mais, en plus, il va rentrer dans les lieux où se retrouvent les noctambules (que ce soit les maisons closes, les bals ou encore les fêtes foraines). Il va également commencer une série sur les graffitis recouvrant les murs de la ville, faire des images le jour, et aussi beaucoup photographier Picasso – et notamment ses sculptures. A côté de cette activité de photographe, Brassaï était aussi dessinateur, sculpteur, écrivain et cinéaste, mais cet aspect de son travail est aujourd’hui moins connu que ses photographies.

     Brassaï est donc un photographe de renom, un véritable monument de la photographie qui a su pleinement rendre compte de la beauté de Paris. Et l’exposition de l’Hôtel de Ville est à la hauteur de son œuvre. En effet, elle se veut complète et a pour but de donner une vision exhaustive du travail réalisé par Brassaï à Paris. Ainsi, elle montre énormément de photographies en les classant chronologiquement. Cette organisation scénographique est matérialisée par des pans de murs, montés pour l’occasion, qui forment des petites salles à la fois thématique et chronologique. C’est tout à fait judicieux puisque cela permet au visiteur d’avoir un parcours logique à suivre et de ne pas se sentir perdu, à la fois dans le grand espace de la salle Saint-Jean de l’Hôtel de Ville et dans le grand nombre de photographies présentées.

[ Pour plus d’infos, je vous invite à aller sur ce site: https://quefaire.paris.fr/brassai ]

A la découverte de Julia Geiser

      En ce dimanche pluvieux, je vous emmène faire un tour dans le monde du collage, et plus précisément dans l’univers de l’artiste suisse Julia Geiser.

      Julia Geiser réalise des collages aux couleurs douces, généralement pastels, mêlant bien souvent de vieilles photographies en noir et blanc à des images colorées. Ses collages aux allures vintages représentent fréquemment des femmes ou des animaux dans des situations incongrues voire, disons-le, surréalistes. D’ailleurs, ses œuvres peuvent rappeler les collages de Jacques Prévert ayant été réalisé à une époque pendant laquelle ce poète était proche du mouvement surréaliste.

      D’aucun pourrait croire que les collages de Julia Geiser sont créés à la main ou, du moins, faits pour être imprimés mais il n’en est rien. En effet, l’artiste qualifie son travail d’art digital et explique sans ambiguïtés qu’à l’origine ses collages ne sont pas faits pour être imprimés mais plutôt pour rester au stade d’œuvres virtuelles.

[ Les reproductions d’œuvres viennent du site de l’artiste: http://julia-geiser.ch/ ]

A la découverte de Ellen Kooi

       Après une longue absence due aux vacances, je reviens avec une nouvelle rubrique intitulée « A la découverte de » qui visera à parler d’un artiste (contemporain ou non) que j’apprécie particulièrement.

       Pour ouvrir cette rubrique, j’ai choisi de vous présenter une photographe contemporaine assez peu connue: Ellen Kooi. Cette artiste est néerlandaise, elle a été exposé en France dans quelques galeries mais c’est surtout son exposition à l’Institut Néerlandais en 2010 qui a attiré l’attention du public ainsi que de la critique sur son travail.

Et pour cause, Ellen Kooi réalise de sublimes photographies entre réalité et onirisme. Celles-ci sont uniquement des mises en scène, et non pas des photographies dites instantanées, c’est-à-dire prises sur le vif. Elles évoquent assez fréquemment l’isolement de l’individu et ont souvent pour cadre de magnifiques paysages néerlandais dans lesquels un ou plusieurs personnages posent dans des postions pour le moins incongrues (c’est d’ailleurs pour cela que son œuvre a souvent été comparé à celle des surréalistes).

Les reproductions des œuvres de Ellen Kooi sont issues de son site: http://www.ellenkooi.nl/